Lettre d’un expatrié à un ami

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Cher ami,

Je me suis longtemps retenu de t’écrire, le temps s’échappe plus qu’il ne se retient. La vie avance à mille a l’heure, les enfants, les soucis… je pourrais avancer beaucoup d’autres arguments à mon silence, mais ils sonneraient faux.

La vérité est que je ne sais plus quoi te dire, à toi qui ne connais pas mon quotidien, à moi qui ne connais plus le tien, à moi qui te juge, à toi qui me juges.

Ta dernière venue ici n’a été qu’un tourbillon de visites, de va-et-vient, de découvertes plus que de reconnexion. J’ai eu l’impression d’être devenu un guide touristique plus que ton ami, à être le chauffeur et le traducteur, plus que ton confident.

De mon dernier passage au pays, je n’ai été qu’un courant d’air, fatigué, décalé à écouter des récriminations qui ne me concernent plus. A ne plus comprendre, à sembler te juger pour un rien moi qui vit l’international. Du haut du piédestal sur lequel tu m’as mis, je n’arrive plus à en redescendre pour te comprendre et t’écouter.  Au final seuls les enfants semblent s’entendre.

Et pourtant j’ai besoin de toi, de cette amitié au delà de la distance et du temps comme celui qui me connait peut-être mieux que moi-même, qui me rappelle qui je suis. Alors reste avec moi, faisons ce petit bout de chemin ensemble, le plus loin possible, sans tenir compte des différences qui nous séparent, mais plutôt de ce qui nous rapproche.

A mon ami au long cours.

Retrouvez cette lettre dans l’édition de février de En Français Dans le Texte ainsi que son dossier sur l’amitié au long cours ici

1000eme lecture

en-francais-dans-le-texte-sept-2016EFDlT a la plaisir d’annoncer sa millième lecture. Un grand merci à tous nos lecteurs du monde entier.

L’année 2016 a été riche en thématiques et émotions. Ainsi 12 thématiques ont été abordées que vous pouvez retrouver en lien:

Le volontariat sans frontière, une enfance en expatriation, la carrière professionnelle des conjoints, l’art comme forme de thérapie, les maux de la communauté francophone expatriée, double passeports, vivre un accouchement en expatriation, l’impossible retour, le sentiment d’une immigration, l’expatriation de l’enfance à l’âge adulte, vieillir en expatriation.

L’année 2017 arrive à grand pas, pour ne rien rater des prochains numéros n’oubliez pas de vous abonner ici.

 

Vos commentaires

Les thématiques de En Français Dans le Texte, ainsi que les histoires de vie présentées semblent vous toucher, vous parler.

Vous êtes nombreux à nous le faire savoir et nous vous en remercions.

Voici quelques exemples de vos retours:

Très belles photos!

Toujours aussi passionnant!

"Ouvrir une parole authentique sur le vécu de l'expatriation" est très
interpelant. Je retrouve une sensibilité, une ouverture, une finesse
d'analyse qui résonne bien pour moi et me plait beaucoup. 
C'est plonger dans des histoires uniques tout en s'interrogeant sur 
l'impact social de l'expatriation.

Bravo pour ce que vous faites! Votre travail est super, 
la qualité de fond et de forme est au rendez-vous.

Merci.

Cela nous conforte dans notre volonté d’aller vers la communauté expatriée et de comprendre ce que signifie partir, quitter et s’installer, créer, dans un ailleurs.

L’impossible retour

Les années d’expatriation vous transforment-elle au point de ne plus pouvoir revenir?Voici la problématique abordée dans ce numéro de rentrée de En Français Dans le Texte.

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Numero XIII

Il est des choix dont on ne revient pas. Le chemin de la vie et celui de l’expatriation se côtoient et il serait bien difficile de les démêler tant ils s’entrecroisent, se devancent l’un et l’autre.

Ainsi comment peut-on revenir d’un tel voyage, si l’envie est là? Peut-on reprendre le fil d’une vie qui s’est suspendu pendant 3 ans, 10 ans ou 30 ans?

Lisez le dossier du mois ici

Fil à la patte

Sans titreSuite au succès du dernier numéro de En Français Dans le texte et notamment du fil d’entretien, EFDlT prépare une nouvelle rubrique Fil à la patte. Pour cela nous avons besoin de vous.

Qu’est-ce qui nous retient, nous rappelle, nous émeut certains soirs de solitude? C’est notre pays de naissance, de culture, celui où notre famille et une partie du cœur est restée.

Allons explorer ces interstices où se glisse une nostalgie – plus ou moins discrète – dans les petites choses.

Pour vous quelles sont-elles, ces petites choses qui vous rattachent à votre pays?

Vous pouvez écrire sur ce sujet, nous répondre, en nous écrivant à

enfrancaisdansletextenyc@gmail.com

Grâce à votre participation, nous pourrons faire vivre cette nouvelle rubrique, alors à vos crayons, ou plutôt vos claviers.

fil d’entretien

De ces paroles éparses recueillies tout le long de ma pratique, j’ai voulu en créer des billets, afin de les mettre en lumière tant elles portent et transmettent des émotions, des vécus qui parlent à tous.

Voici le fil d’entretien que vous pourrez retrouver dans le prochain numéro de En Français Dans le Texte :

Ce sentiment diffus, confus, s’annonce doucement, voire sournoisement au tournant d’un soir, d’un lendemain de fête. Le réveil s’accompagnera du même sentiment avec lequel le sommeil est arrivé si tardivement. Voilà sans doute le sentiment, lu entre les espaces, les soupirs, ces silences que nul ne remplis, le plus répandu.

La solitude, plus que l’isolement, guette, à chaque tournant, la communauté expatriée: être tant et si seul. Le bruit et le mouvement peinent à faire oublier qu’être seul loin de « chez-soi » est encore plus dur à vivre. A demi-avoué dans des vies où l’on se doit d’être actif, de résauter, ou mieux encore d’être indisponible, l’hyper-activité est souvent confondu avec la relation sociale. De là-bas, restent les amis, la famille avec lesquels les derniers souvenirs ressassés se fanent et se figent, d’ici, ne se créer bien souvent que des rencontres passagères et vite oubliées.

Être expatrié: cela résonne telle une promesse de vie remplie, de découverte, de privilèges aux yeux des autres, mais cela laisse aussi et pour certains uniquement un goût de vide, d’irréalité dans lequel les problèmes sociaux sont bien réels eux. Car cette vie d’expatrié de transforme au fil des années en vie d’exilé aux couleurs vives et chatoyantes mais au sourire forcé.

Tels sont les mots de la solitude d’expatrié.

C.B.

Livre: outil contre la pauvreté

#books4changeSi l’idée n’est pas nouvelle voici une initiative qui la concrétise.

ATD Quart Monde accompagne son programme Adopt a Street Library de « books4change Photo Campaign ». Le concept est simple, se prendre en photo, avec son livre préféré (il faut faire un choix).

Cela forme une belle mosaïque de livres à lire, relire pour soi, pour les autres, pour les enfants.

La lecture n’est-elle pas un formidable vecteur d’ouverture? Premier pas vers l’éducation, arme massive contre la pauvreté.

Et voilà ma contribution

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Read by my mum and now I’m reading it to my son. Love it.

A vous de jouer! C’est par ici bit.ly/books4change

Pour en savoir plus bit.ly/streetlibrary